On considère généralement les accords comme à la base de l’harmonie. Quelques mots à ce sujet.
Constatons d’abord que peu importe le style harmonique, chaque intervalle produit une couleur acoustique particulière. Ces couleurs particulières influencent fortement le caractère harmonique. Ainsi, un accord en quintes sonnera toujours plus ouvert et plus aéré qu’un cluster de secondes mineures. Peu importe le style, la classification traditionnelle des intervalles - dissonances fortes ou moyennes, consonances riches ou ouvertes - demeure pertinente, simplement parce qu’elle est audible.
Second point : en situation d’unité de timbres – donc, dans un plan sonore unique - si un accord contient plusieurs intervalles, de nombreuses relations intervalliques apparaissent, certaines plus importantes que d’autres. Voici quelques indices permettant d’identifier les perceptions intervalliques dominantes :
Plus les notes d’un intervalle sont éloignées et plus il y a de notes qui les séparent, moins le caractère de l’intervalle s’impose.
Remarquons comment le frottement entre le sol et le fa dièse s’atténue à mesure que les deux notes s’éloignent.
Si on place de façon contiguë un intervalle qui se répète dans l’accord, cet intervalle acquiert de l’importance.
Même si les deux accords contiennent deux quartes justes et une tierce mineure, la sonorité des quartes s’affirme davantage dans le premier accord.
Plus il y a d’intervalles différents - surtout s’ils se voisinent - plus les intervalles compétitionnent entre eux et plus le caractère de l’accord se complexifie. (Une trop grande variété d’intervalles, fréquente en musique sérielle douteuse, rend la sonorité grisâtre.)
Finalement, comme le souligne Persichetti, la multiplication des secondes mineures crée un effet de « coagulation » : les nombreuses dissonances dures compétitionnent pour attirer l’attention de l’auditeur, ce qui rend la direction confuse.
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