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Systèmes harmoniques ouverts ou fermés ?

Le 28/05/09 à 16:52 par Virtual Insanity

Ces considérations nous amènent à une distinction importante qui concerne la musique du 20 ième siècle : systèmes ouverts versus systèmes fermés. Un système ouvert impose des contraintes mais sans rigidité. Il assure une cohérence audible tout en accordant une liberté raisonnable au compositeur. Les systèmes fermés sont plus mécaniques. Ils limitent constamment, avec rigidité, les choix du compositeur. Entre ces deux systèmes, la distinction en est une, essentiellement, de degré.


Parmi les avantages des systèmes ouverts, notons :
La plupart des systèmes ouverts sont issus de l?évolution plutôt que de l?invention. Ils ont franchi, avec succès, l?étape de la « sélection naturelle par l?oreille » car l?évolution tend à éliminer les méthodes qui ne fonctionnent pas.

Ce sont des systèmes flexibles. Contrairement à plusieurs des systèmes inventés au 20 ième siècle, ils requièrent seulement une certaine prépondérance des sonorités choisies, plutôt qu?un usage intensif et parfois absolu. Ils permettent au compositeur d?utiliser plus intuitivement son écoute, sans continuellement freiner, par des lignes imposées, son élan linéaire. Contrairement à la croyance populaire, il n?y a pas de réelle opposition entre les notes étrangères d?un système et la musique non tonale cohérente. Ainsi, une ?uvre peut exiger une cellule harmonique très typée aux moments importants tout en permettant des notes étrangères entre-temps. Tant que le rythme et le phrasé font clairement ressortir les sonorités-piliers de la pièce, et tant que ces sonorités-piliers s?imposent suffisamment souvent à la mémoire, il n?est pas plus nécessaire de dériver chaque note de la cellule de référence que d?exiger, en harmonie traditionnelle, de tirer chaque note ornementale d?une triade.


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Cet exemple est basé sur un cellule de trois sons : demi-ton et tierce mineure (si, do, mib). Le « x » identifie les endroits où il manque certains intervalles de la cellule de départ. Notons que la cellule de référence domine le passage et que les intervalles étrangers ne sont jamais mis en évidence. Ces intervalles étrangers sont plutôt perçus comme des notes de passage ou des ornements.

A part le genre d'harmonie cellulaire souple dans l'exemple ci-dessus, d'autres exemples de systemes ouverts pourraient comprendre:

* Les familles d?accords telles que définies précédemment.
* Les accords avec notes ajoutées, tels que définis par Persichetti.
* La polyharmonie, telle que définie par Persichetti.
* L?harmonie stratifiée. On appelle ainsi les riches textures harmoniques constituées de couches harmoniques clairement différentiées et jouées simultanément. Le lecteur trouvera plus loin, sous le titre « Harmonie à plusieurs plans sonores », des commentaires concernant cette technique. (Notons que la polyharmonie devient de l?harmonie stratifiée quand les différentes couches sont bien personnalisées par le timbre ou le rythme.)

Toutes ces techniques génèrent des univers harmoniques reconnaissables tout en laissant au compositeur une grande liberté dans son travail.

Les systèmes fermés, au contraire, limitent drastiquement le choix des notes. Pire, les limites imposées empêchent souvent le compositeur de livrer toute la plénitude de son inspiration.

Comme exemples de systèmes fermés, notons la plupart des algorythmes et des techniques en miroir rigides. Le grand défaut de ces systèmes, c?est qu?ils interdisent au compositeur de suivre, à l?oreille, les idées que son inspiration lui suggère. Alors qu?un système ouvert impose juste assez de contraintes pour engendrer un monde sonore cohérent, le contrôle absolu du système fermé crée une logique analytique parfaite mais déconnectée, en général, de la réalité de l?écoute humaine. Si l?oreille doit demeurer souveraine, autant pour le compositeur que pour l?auditeur, pourquoi s?acharner à créer des liens inaudibles ? Et pourquoi se priver de liens audibles qui n?affaiblissent pas la cohérence ?

Plusieurs techniques sérielles engendrent ce type de problèmes, l?organisation des notes prévue par le système demeurant inaudible même pour l?auditeur attentif et expérimenté. De plus, en musique sérielle, les accords créent inévitablement des intervalles étrangers au système. De toute façon, que peut vouloir dire « ordonner » un accord quand toutes les notes sont entendues simultanément? (N.b. Nous n?insinuons pas que la musique sérielle soit sans valeur. Nous constatons plutôt que les techniques sérielles mènent rapidement à une pensée non musicale.)

Commentaires

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Albert
( Visiteur non enregistré )
Commenté le 14/06/2009 à 20:51
Sympa ton article :)

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